Maxime Baraize reprendra seul l’exploitation familiale lors du départ à la retraite de ses parents. Pour les remplacer, il recrutera un salarié et pérennisera la présence d’un apprenti.

Au Gaec de la Ménité, monitoring et prévention pour sécuriser l’élevage des veaux avec moins de main-d’œuvre.

TÉMOIGNAGE – Au Gaec de la Ménité, le prochain départ à la retraite des parents a conduit à repenser l’organisation du travail. Pour sécuriser le sanitaire et les performances de l’atelier veaux, stratégique dans le système de production, Maxime Baraize, associé qui poursuivra seul l’activité, s’appuie sur le monitoring et renforce la prévention. Une approche combinée qui lui permet aujourd’hui de gagner en réactivité, de limiter les maladies et de réduire l’usage des antibiotiques.

À Cuillé, dans le sud-ouest de la Mayenne, le Gaec de la Ménité valorise chaque animal né sur l’exploitation. Le système repose sur deux productions bovines complémentaires : la vente de 1,5 million de litres de lait et l’engraissement des jeunes veaux non destinés à la production laitière. Une cinquantaine de génisses est conservée pour assurer le renouvellement du troupeau. Les mères non retenues pour donner des génisses laitières sont croisées avec des races à viande, et l’ensemble des produits issus de ces croisements est engraissé sur place. « Notre objectif est de vendre 7 à 8 bovins par mois » précise Maxime Baraize. Le génotypage systématique et l’insémination exclusivement avec des semences sexées permettent de sélectionner les meilleures génétiques pour le renouvellement du troupeau laitier.

Le pilotage du renouvellement est appelé à évoluer comme l’explique Maxime, associé avec ses parents au sein du gaec de la Ménité. « Notre objectif est de faire vieillir les vaches. Actuellement, nous avons encore besoin d’élever une cinquantaine de génisses laitières, notamment parce que nous sommes passés à la traite robotisée il y a moins d’un an. Il faut adapter le troupeau à ce nouveau système ».

Pour parvenir à prolonger la carrière des laitières, l’éleveur mise sur l’élevage des veaux en jouant sur deux leviers : l’alimentation et la santé. « Nous avons mis en place un plan d’allaitement poussé pour réduire l’âge au premier vêlage. Et nous travaillons sur la prévention des maladies pour homogénéiser les croissances » précise le jeune éleveur.

Derrière ces choix techniques et économiques se dessine un enjeu central : maîtriser l’élevage des jeunes animaux. « Les 150 veaux nés par an sont valorisées sur l’exploitation, et nous ne nous permettons pas d’avoir des pertes ou trop d’animaux malades qui ne profitent pas ».

En plus des enjeux techniques, le GAEC de la Ménité doit aussi faire face à un défi de taille : le renouvellement de la main-d’œuvre. Aujourd’hui, chacun a son rôle sur la ferme : Maxime soigne le troupeau laitier, son père, Daniel, suit les cultures et sa mère, Marie-Christine, prend soin des jeunes animaux. Une organisation bien rodée, qui va évoluer avec le prochain départ à la retraite simultané des deux parents. Échaudé par plusieurs tentatives d’association infructueuses, Maxime Baraize a décidé de remplacer ses parents en recrutant un salarié et de pérenniser la présence d’un apprenti.

Bien que conscient de l’importance de l’élevage des veaux dans son système, Maxime Baraize reconnaît ne pas être suffisamment patient pour s’en occuper personnellement. Cet atelier sera donc confié à l’apprenti et au salarié, avec une organisation alternée : l’un le matin, l’autre le soir. Dans ce contexte, la surveillance des veaux devient un point critique : comment assurer un suivi sanitaire fiable lorsque le temps disponible se raréfie et que plusieurs intervenants se relaient auprès des veaux ? La réponse, Maxime Baraize l’a trouvée lors d’une porte ouverte chez un voisin. « J’y ai découvert SenseHub Young Stock, et j’ai tout de suite vu l’intérêt » se souvient Maxime Baraize.

SenseHub Young Stock est un outil de monitoring dédié aux jeunes bovins. Des boucles fixées sur les oreilles des veaux mesurent en continu plusieurs paramètres : l’activité, le temps de succion (indicateur de l’appétit en lait), ainsi que l’ingestion et la rumination. À partir de ces données, les algorithmes calculent un index synthétique de santé, sur une échelle de 0 à 100 avec la valeur 100 correspondant à un animal en parfaite santé. Lorsque cet index descend en dessous de 80 — seuil matérialisé par une barre rouge — une alerte est envoyée sur le smartphone de l’éleveur.

Le Gaec de la Ménité s’est équipé de SenseHub Young Stock à l’été 2025. « Nous utilisions déjà SenseHub pour la surveillance des vaches laitières », explique Maxime Baraize. « Il nous a donc suffi d’activer le module Young Stock sur le logiciel et d’équiper les veaux de boucles ». Les associés les posent dès les premiers jours de vie, car les deux premières semaines sont les plus critiques selon le jeune éleveur : « c’est la période de transition entre le lait maternel et la poudre de lait et, également, celle où nous devons être particulièrement vigilants face aux risques de cryptosporidiose ». Au total, 250 animaux, jeunes et adultes, sont aujourd’hui équipés de boucles sur l’exploitation. « Nous avons opté pour une formule d’abonnement mensuel, qui permet notamment le remplacement rapide et gratuit des boucles perdues ou endommagées » précise l’éleveur.

Boucles SenseHub Young Stock : Le Gaec de la Ménité s’est équipé de boucles SenseHub Young Stock à l’été 2025. Elles sont posées dès les premiers jours de vie afin d’assurer un suivi sanitaire précoce des veaux.
Boucles SenseHub Young Stock : Le Gaec de la Ménité s’est équipé de boucles SenseHub Young Stock à l’été 2025. Elles sont posées dès les premiers jours de vie afin d’assurer un suivi sanitaire précoce des veaux.

Après quelques mois d’utilisation, Maxime est convaincu par l’outil. « SenseHub Young Stock surveille les veaux 24 heures sur 24 et détecte des signaux que même un bon éleveur peut avoir du mal à capter ». Au quotidien, l’éleveur réagit principalement aux alertes reçues sur son smartphone, lorsque l’index de santé descend en dessous du seuil de 80 %. Sa réaction est rapide. « Je vais voir le veau. Je l’examine et je prends sa température », explique-t-il. Cette détection précoce permet d’intervenir avant que la situation ne se dégrade. « Dans beaucoup de cas, une prise en charge avec des anti-inflammatoires en début de toux ou des pâtes à base de charbon en cas de diarrhée suffit, sans avoir recours aux antibiotiques ».

L’éleveur se montre particulièrement attentif aux notifications de SenseHub lorsque la météo est venteuse. Il explique : « les veaux sont logés en nurserie, de la naissance jusqu’au sevrage, dans un bâtiment où l’ambiance reste difficile à maîtriser. Si je n’ouvre pas suffisamment, l’air ne se renouvelle pas. Mais si les brise-vents sont trop descendus, les courants d’air peuvent refroidir les veaux. Lorsqu’ils ne sont pas bien, leur activité diminue et je reçois une alerte ». La réactivité est alors déterminante. « Un veau peut vite se refroidir. Si je m’en rends compte trop tard, par exemple à la buvée du soir, les problèmes respiratoires peuvent s’enchaîner. Dans un bâtiment densifié comme le nôtre, la toux peut se propager très vite ».

Au-delà de la détection des maladies, le monitoring apporte également un regard neuf sur les pratiques d’élevage. « Par exemple, j’ai constaté que la transition entre lait maternel et poudre de lait devait être affinée » explique Maxime. Aujourd’hui, les veaux reçoivent le lait de leur mère lors des six premiers repas (colostrum et lait de transition), puis un mélange 50/50 de lait maternel et de poudre de lait pendant les quatre repas suivants, avant de passer uniquement à la poudre de lait. « SenseHub détecte fréquemment une baisse d’activité des veaux au moment de cette transition alimentaire, signe de troubles digestifs » observe l’éleveur, qui conclut qu’il travaille à une transition plus progressive.

« SenseHub me permet de réagir plus vite et de moins subir les problèmes sanitaires » résume l’éleveur. « Aujourd’hui, je lui fais confiance en lui délégant, en partie, la surveillance : il détecte plus tôt que moi les dégradations de l’état de santé ». Les améliorations sont visibles : « les flacons d’antibiotiques descendent moins vite, il y a moins de propagation des maladies entre veaux, les lots sont plus homogènes et j’enregistre moins de pertes ».

Saisie écran : SenseHub Young Stock analyse en continu le comportement des veaux (courbes en bas de l’écran) et déclenche une alerte lorsque leur état de santé se dégrade (index inférieur à 80, matérialisé par la barre rouge en haut).
Saisie écran : SenseHub Young Stock analyse en continu le comportement des veaux (courbes en bas de l’écran) et déclenche une alerte lorsque leur état de santé se dégrade (index inférieur à 80, matérialisé par la barre rouge en haut).

Si le monitoring permet d’intervenir plus tôt, cette réactivité ne suffit pas à elle seule pour sécuriser le sanitaire de l’élevage. En parallèle, Maxime a engagé un travail de fond sur la prévention des maladies.

Ces dernières années, l’exploitation a été confrontée à des épisodes sévères de cryptosporidiose. « Pendant les mois de novembre et décembre, je pouvais compter une bonne dizaine de pertes consécutives » se souvient l’éleveur. « Le matin, il y avait un veau malade et le soir, c’était un autre… un véritable effet boule de neige ». Les conséquences étaient lourdes, à la fois techniquement et en charge de travail. « Nous utilisions beaucoup d’antibiotiques entre 7 et 15 jours d’âge, et nous passions énormément de temps auprès des veaux ». Même les animaux sauvés restaient pénalisés : « ils étaient chétifs et plus sensibles à la coccidiose en fin de sevrage ».

Face à cette situation, l’éleveur a fait évoluer ses pratiques. « Dès que j’ai eu connaissance de l’existence d’un vaccin contre la cryptosporidiose, Bovilis Cryptium®, j’ai décidé de vacciner mes vaches ». Une décision cohérente avec les pratiques déjà en place.  « Nous vaccinions déjà les gestantes contre les diarrhées néonatales en hiver, avec Bovilis® Rotavec Corona. Nous étions donc convaincus de l’intérêt de la vaccination pour protéger les veaux ». La mise en œuvre de la vaccination contre la cryptosporidiose demande de la rigueur. La primovaccination repose sur deux injections, réalisées au cours du troisième trimestre de gestation et finalisées au moins trois semaines avant le vêlage. Les rappels sont ensuite effectués en une seule injection, toujours dans ce même délai.

L’efficacité de cette protection repose sur le transfert d’immunité via le colostrum. « C’est pourquoi nous avons aussi travaillé sur leur qualité » explique Maxime Baraize. Une ration spécifique de préparation au vêlage a été mise en place, avec une séparation des lots entre taries et vaches en préparation.

L’alimentation des veaux a également été revue. « Avant, nous distribuions du lait entier, riche en matière grasse, ce qui favorisait les troubles digestifs. Nous sommes passés à un aliment d’allaitement à 26% de protéines ». Les veaux reçoivent désormais le colostrum lors des quatre premières buvées, puis du lait de transition en mélange avec la poudre de lait pendant les six repas suivants. « Il est indispensable que le veau consomme le lait de sa mère pendant au moins cinq jours pour assurer l’efficacité de la protection vaccinale contre la cryptosporidiose ».

Pour compléter les pratiques préventives, un vide sanitaire est réalisé chaque année. « Même avec des vêlages toute l’année, nous nous organisons pour vider la nurserie pendant quinze jours après les semis de maïs. Les veaux sont transférés sous un hangar, puis la nurserie est lavée et désinfectée » raconte l’éleveur. Une contrainte organisationnelle assumée. « C’est une période compliquée, mais indispensable pour maîtriser le sanitaire ».

Aujourd’hui, les résultats de la vaccination sont au rendez-vous. « Nous avons encore quelques diarrhées, mais elles se soignent rapidement et facilement et nous n’avons plus de pertes liées à la cryptosporidiose ». Autre indicateur d’amélioration marquant : la baisse nette de l’usage des antibiotiques.

Au Gaec de la Ménité, le monitoring et la prévention sanitaire permettent aujourd’hui de concilier deux objectifs souvent perçus comme opposés : réduire le temps de travail tout en maîtrisant la santé et la croissance des veaux. En articulant réactivité, anticipation et prévention, Maxime sécurise un atelier stratégique pour son exploitation, tout en gagnant en sérénité et en préparant la nouvelle organisation du travail.